Q comme Quilombo

11 mars 2010

Quilombo : Bordel. Expression utilisée, comme en français, pour décrire quelque chose de mal rangé, une situation kafkaïenne ou compliquée. Et également pour désigner une maison close, littéralement. Par contre, jurer en disant « Quilombo de mierda ! », ça, ça n’existe pas.

Donc, le bordel tout comme l’envie de jurer ont marqué comme jamais mon arrivée au Pérou.

En effet, mon passage à Iquique, après Atacama, fut de courte durée. Juste le temps de sortir un soir avec une bande de trois Argentins copados. Il faut dire que le grain de sable bloquant mon appareil photo m’a mis dans un état peu jovial, ce à quoi il faut ajouter le choc quand j’ai constaté que j’avais dépensé bien plus de plata que ce que je pensais, et également la tourista chronique qui me poursuivait depuis Atacama.

Heures passées dans un bus : 128.

Bref : j’avais envie de découvrir de nouveaux horizons. Pas Machu Picchu car les récentes indondations l’avaient rendu inaccessible. Donc j’ai décidé d’aller directement sur les bords du lac Titicaca, à Puno exactement. Première étape : prendre un bus pour Arica, dernière ville avant la frontière.

Heures passées dans un bus : 132.

C’est en arrivant à Arica que j’ai eu le choc. Ce choc que, mes lecteurs les plus assidus s’en souviennent peut-être, je n’avais pas eu à l’arrivée en Argentine. Le dépaysement. L’impression très nette que ça y est, on n’est plus dans le même monde. Sortant, avec ma valise à roulettes pas discrète, du terminal de bus pour aller à l’autre terminal, celui des taxis traversant la frontière, j’ai été abordé en dix secondes par cinq messieurs, qui me proposaient de me faire passer la frontière. Adoptant l’attitude de refus poli que j’adoptais dans les souks de Tunis, je me suis dirigé vers une « agence » familiale, demandant comment ça marche à la mère, qui m’embrouille avec ses explications. Apparemment, tout ça va me coûter 15.000 pesos chiliens (un peu plus de 20€), « tout ça » étant Arica-Tacna en taxi et Tacna-Puno en bus. Déterminé à dépenser mes derniers pesos chiliens ici, je suis pris par la peur d’une embrouille, genre me faire payer le taxi deux fois. Mais bon, j’y vais, y a pas trop le choix on va dire.

Une fois passée la frontière, la pensée qui m’a traversé a été littéralement « Putain, je suis au Pérou ! » La route est si droite et la plaine si plate que ça ressemble à la pampa argentine. Suite aux nombreuses remarques du chauffeur, je constate qu’il est très pressé et me dis qu’en fait, ça va être plus ric-rac que ce que je pensais.

Arrivés au terminal, ouf ! Pas d’arnaque, le chauffeur m’amène au siège de la compagnie, où m’attend… un clodo shooté. Quelques minutes plus tard, sans avoir pu se débarrasser du clodo, arrive un autre type bien sapé, tout aussi pressé que mon chauffeur. Après m’avoir filé mon billet, il me met dans un taxi qu’il paye pour moi (étant donné que je n’ai pas un centime de sol, et guère plus en pesos chiliens) et lui dit de m’emmener quelque part, en précisant bien de se dépêcher car le pub part à 7h40. Je comprends alors : le bus est déjà parti et nous nous lançons dans une course contre la montre pour le rattraper. Après une promenade de santé dans Tacna, rythmée par les coups de klaxon, les feux grillés et les doublements par la droite, nous arrivons au siège de la compagnie. Trop tard, à une minute près. Ils me renvoient dans le taxi qui m’offre bien malgré lui la course vu que je n’ai pas un rond. Arrivés à un poste où le bus est arrêté, je constate que quatre autres retardataires sont dans mon cas, et tentent de parlementer avec le chauffeur, qui refuse de nous laisser entrer car ce n’est pas un arrêt mais un poste de contrôle, et les flics veillent. Tolerancia cero que ça s’appelle. Rebelotte donc : dans le taxi pour s’arrêter dans un virage obscur, espérant que le bus va bien accepter de nous prendre si les flics ne regardent pas trop. L’attente fut pénible malgré la sympathie de mes trois compagnons d’infortune. Et aussi décevante, vu que le bus nous est passé devant sans ciller. Hijo de p… pensai-je. Au final, trois d’entre nous décidons d’aller prendre le bus au prochain arrêt « officiel ». Après avoir négocié le prix avec le chauffeur, les deux femmes m’accompagnant étant un peu short niveau pognon, on est repartis, dans la nuit noire péruvienne, pour poursuivre le bus. Je me sens mal, ma tourista empire.

Enfin, au poste où on a le droit de s’arrêter, le chauffeur accepte de nous faire monter. Encore un bordel : la place qui m’a été assignée est déjà occupée, qui plus est par quelqu’un qui a le même numéro que moi. Donc ils m’ont vendu une place déjà vendue. Je réussis malgré tout à leur faire me trouver une place, car malade comme un chien, je me sentais bien peu de faire le voyage d’une dizaine d’heures debout et sans pouvoir dormir.

Heures passées dans un bus : 142.

G comme Gallego

28 février 2010

Gallego (galicien) : Equivalent argentin du belge, sauf qu’on y fait référence ailleurs que dans les blagues de niveau Carambar. Ici, c’est le galicien, rapidement étendu à l’espagnol, rapidement étendu à l’Européen, rapidement étendu au touriste, rapidement étendu au boludo, c’est-à-dire à monsieur Toulemonde.

Après une longue pause qui aura marqué mon retour dans ma grise ville (dans la vraie vie j’veux dire), retour au Chili, dans le désert d’Atacama. Plus précisément à San Pedro, le village à touristes dont partent toutes les excursions dans les hauts lieux du désert.

Heures passées dans un bus : 103.

Bon, rien à dire, c’est un joli village. Pas de routes asphaltées évidemment, mais la tronche des gens qui sont avec moi dans le bus ne fait aucun doute : je vais vers un village très touristique. Pas un visage non-européen dans le tas (oui, après quelque temps de voyage, je suis capable de reconnaître la nationalité d’un touriste avec pas mal de précision rien qu’à sa tête) ! Mais ce n’est pas pour cela que j’ai parlé de gallego.

En effet, une fois installé à l’auberge de jeunesse, j’ai tapé la discute à des gens qui étaient là, dans le patio. Des Espagnols, tiens ! Les premiers que je rencontre ! Bon, en fait c’étaient en majorité des Basques, mais vous savez l’amour que je porte aux régionalistes de tout poil… des Espagnols donc !

Et là, j’eus la Révélation.

Oui. J’ai pris conscience du fait que je suis devenu un Latinoaméricain.

Je dois dire que je le savais bien avec mon accent argentin, mais là, plus aucun doute n’était possible : à les entendre parler, j’étouffais un rire encore plus difficile à étouffer que lorsque j’entends des québécois.

Dès le premier jour, je pris un ticket pour l’excursion du lendemain, intitulée « Salar + Lagunas Altiplánicas ». Ce fut grandiose. Le désert de sel est impressionnant. Il n’est pas, comme je me l’imaginais, plat et tout blanc ; le paysage est en fait lunaire, et il y a de l’eau. Bizarre pour le désert le plus aride du monde… En fait, c’est tout simplement l’eau qui tombe en haut des montagnes, qui se charge en sel en descendant, et qui s’évapore ensuite dans le désert de sel.

Ensuite, les Lagunas Altiplánicas, donc tout simplement des lagunes à plus de 4.000 mètres d’altitude. Nettement moins impressionnant à mon goût, mais le repas de midi, qui fut sans doute le plus élevé que j’aie jamais fait, valait le coup, entre français, espagnols, et (rares) chiliens.

Heures passées dans un bus : 109. (ben oui, vous croyez qu’on l’a faite à pied, l’excursion ?)

L’après-midi fut, quant à elle, consacrée à la visite de la Laguna Cejar. Qui a pour particularité d’être ultra-salée. Vous savez les gens qui flottent dans la mer Morte ? Ben là c’est pareil. Après, j’ai certes beaucoup souffert en sortant de l’eau : impossible de remettre mon tee-shirt, ça pique trop. Et l’eau (potable mais merde !) qui restait dans ma bouteille faisait bien piètre figure face à tant de sel. L’heure de bus pour revenir fut longue, très longue.

Coucher de soleil sur la Laguna Cejar et son sel

Heures passées dans un bus : 111.

D’ailleurs, au retour à l’auberge, l’eau était coupée. Heureusement, devant ma situation désespérée, ils m’ont donné un bidon d’eau de 5 litres pour me “doucher”. J’allai ensuite manger dans un petit resto où je mangeai mon repas dans le noir et éclairé par une bougie, le temps de la coupure de courant quotidienne… pour ensuite réserver ma place pour l’excursion du lendemain, aux geysers du Tatio. Particularité : pour les voir dans toute leur splendeur, il faut qu’il y ait une différence thermique la plus grande possible. Donc, le départ de l’excursion se fait à 4h du matin, par -5°C. En plus, je dois rajouter à la liste de mes affaires perdues ma polaire et me cailler les meules avec ma légère veste.

Bon, ne soyons pas mauvaise langue, ça en valait la peine, et pas qu’un peu. Impressionnants geysers qui m’ont fait penser que les fumeroles de l’Etna, à côté, c’est de la gnognotte ! J’y ai rencontré deux chiliennes sympa avec qui j’ai passé le plus clair de la journée. La suite fut consacrée, dans le froid ambiant, à une baignade (oui oui, une baignade !) dans les sources chaudes qui entourent les geysers. Trop la classe ! Enfin, à part la sortie de l’eau, car le chemin source-serviette fut très froid. (‘vous imaginez, courir presque à poil, mouillé de surcroît, par 5 degrés, alors qu’il faisait 35 degrés dans l’eau ?)

Votre serviteur devant une fumerolle.

Les chiliennes et moi... dans la fumée du Tatio !

Les sources chaudes

Enfin, vint le sésame tant attendu pour nos ventres vides : le petit-déjeuner ! Ah, qu’elles étaient bonnes, ces crêpes au manjar (dulce de leche chilien) !* Et après cette pause bienvenue, retour dans le bus pour revenir à San Pedro, en passant par d’autres lieux touristiques histoire que les trois heures passent un peu plus vite. Elles ne sont pas pour ainsi dire passées vite pour votre serviteur, dont la tourista s’est réveillée à ce moment-là. La visite du petit village de Machuca fut cependant très intéressante. Bon, le plus intéressant fut sans doute de prendre des photos avec les lamas, des vrais de vrais ! Je ne sais même pas si j’ai été content ou déçu qu’ils ne me crachent pas à la gueule comme dans Tintin. Ce qui m’a déçu, c’est sûrement de ne pas avoir pu manger de la viande de lama ! Rupture de stock du seul type de la région qui en fait…

Le troisième arrêt fut l’occasion d’une balade dans la nature que je n’ai pas faite car ma tourista ne me permettait guère de crapahuter.Et puis retour à la case départ.

Heures passées dans un bus : 117.

L’après-midi, avec ces mêmes filles rencontrées le matin, nous allâmes visiter la Vallée de la Mort et la Vallée de la Lune. Nettement moins beau que le reste, nous retiendrons que nous avons réussi à nous perdre au retour de la Vallée de la Lune, à la tombée de la nuit… heureusement, tout est rentré dans l’ordre ! Le soir, direction le lit, je n’étais vraiment pas en forme. Et le lendemain, retour ! Bémol : mon appareil photo a de plus en plus de mal à s’ouvrir. Bordel. Un grain de sable de la Vallée de la Mort, sûrement. Et pourtant, j’avais fait attention.

Vue de la vallée de la Lune

Heures passées dans un bus : 120.

* Bon, en fait, elles étaient pas si bonnes que ça les crêpes, mais à ce niveau de froid et de faim, j’aurais mangé (presque) n’importe quoi !

C comme Copado

10 février 2010

Copado : Super. On dit d’une personne, d’un endroit, d’une soirée, que c’est copado quand on la trouve sympa, agréable, amusante, quand il y a de l’onda (ambiance, feeling). Synonyme : zarpado (sauf que zarpado est encore mieux).

Note : Lexique argentin mis à jour, et création d’un mini-lexique chilien. Je sais, j’avais dit que je ne le ferais pas, mais finalement, j’ai tellement aimé le Chili que j’en ai fait un. Aixpats chiliens (enfin, chiliennes plutôt*), si vous avez des suggestions, n’hésitez pas !

Cet article va être un condensé du milieu de mon voyage chilien, à savoir les étapes Valparaíso, La Serena et Antofagasta.

Nous en étions restés au moment où je quittais Santiago pour Valparaíso dans le dernier bus, en lisant Neruda. Deux heures après, donc, arrivée dans cette ville où je ne savais toujours pas comment j’allais me loger. Heureusement, à l’arrivée, trois femmes se disputent les derniers touristes arrivés. Je demande les prix : « 8.000. » Je tousse. Je demande à l’autre, qui m’a vu tousser et demande 6.000. Allez hop, vendu. Et je ne regrette pas d’avoir fait le marchand de tapis : la chambre est spacieuse et le lit confortable.

Heures passées dans un bus : 70.

Dans chaque ville, il y a un monument offert par les pays dont beaucoup de ressortissants habitent dans la ville. Ici donc, les Français.

Le lendemain, j’irai visiter la maison de Neruda. Bel endroit, en effet. Les cerros (collines) sont des endroits très charmants, et ce que l’on m’avait dit (« Valparaíso, c’est La Boca en plus grand ») n’est pas usurpé, bien que La Boca m’eût nettement plus charmé.

La maison de Neruda, sur une colline de Valparaiso.

4 jours à Valparaíso, ça permet de constater qu’à la longue, c’est beau mais c’est chiant. Le plongeur dans l’âme que je suis a tenté une plongée dans le coin, très décevante. Eau noire, très froide, épave sans grand intérêt… L’étudiant a quant à lui découvert les discothèques de Valparaíso, qui sont comme partout, et où il a passé une soirée copada.

Une typique rue des collines de Valparaiso.

M’ennuyant un peu, et devant le peu d’amabilité de la fille de la taulière de l’hôtel, j’ai vite fait mes valises et ai sauté dans le premier bus pour La Serena, plus au nord.

Heures passées dans un bus : 78.

Première impression à l’arrivée : waoh, il était pas censé faire plus chaud dans le nord ? Car en effet, je me suis quasi-enrhumé à La Serena. J’ai pu par ailleurs y tester deux logements différents : une auberge de jeunesse sympa mais chère pour ce que c’est, et un hôtel avec un peu moins de onda mais nettement plus confortable, et moins cher. Mon séjour dans cette ville s’est distingué des autres villes chiliennes dans le sens où je n’ai été qu’avec des Argentins. Le premier jour fut l’occasion de la visite à la Croix du Troisième Millénaire, un monument catho mais néanmoins très soviétique.

En même temps, sous un pape polonais...

La suite de la journée fut consacrée à me jeter dans les vagues du Pacifique. Je sais pas vous, mais me jeter dans de grosses vagues est un de mes plus grands plaisirs, et ce même si après j’en ai du mal à respirer et des courbatures pas possibles. Le soir, les klaxons ne nous trompent pas : c’est fait, Piñera est élu président ! Par contre, petite emmerde : un grain de sable a apparemment pénétré mon appareil photo, faisant que l’objectif sort difficilement. C’est une malédiction, pensai-je… mais bon, à part quelques fois, il s’ouvrait sans que j’aie trop à insister.

Dans les rues de La Serena...

Le deuxième jour fut consacré à la visite du centre-ville et à la glandouille. Le soir, un autre groupe d’argentines me propose de sortir, ce que j’accepte, mais la tête en l’air que je suis a oublié sa copie du passeport. Pas moyen d’entrer, une sortie pour rien.

Paysage typique à Pisco Elqui

Le dernier jour fut celui de la visite de el valle Elqui : une vallée à l’intérieur des terres, au fond de laquelle est produit le pisco, l’alcool chilien emblématique (à base de raisin distillé). Dès la sortie du bus, je discute avec un autre groupe de touristes qui était là : tiens, encore des Argentins ! Bon ben on va faire le tour ensemble alors… Quelques heures, rigolades et verres de pisco plus tard, retour.

Heures passées dans un bus : 82.

Après avoir tué la dernière journée afin de prendre un bus de nuit pour arriver à Antofagasta (encore plus au nord) tôt et trouver un logement sur place, je montai une nouvelle fois dans un bus.

Heures passées dans un bus : 94.

A l’arrivée donc, taxi vers l’office du tourisme, où un gentil monsieur qui m’a eu l’air un peu gay m’a bravement donné une liste de tous les logements de la ville, je me dirigeai vers le moins cher d’entre eux. Bon, ça le valait, mais pas grave, de toute façon je ne compte pas rester longtemps. J’ai pris contact avec un club de plongée local, allez hop, vendu ! Pour le reste, ce fut visite de la ville, constatant que je logeais dans un quartier truffé de bars à putes… c’est décidé, plus jamais je prends le moins cher de tous ! Quant à la plongée, elle fut excellente, je me suis fait interviewer par des journalistes qui faisaient un marronnier sur les vacances. J’ai donc dû passer sur TVN sans même le savoir ! Enfin, lassé de mon hôtel tout pourri et de cette ville dans laquelle il n’y a pas grand-chose à faire, j’ai foncé vers l’endroit que je voulais visiter depuis le début : San Pedro de Atacama !

La place centrale d'Antofagasta

Heures passées dans un bus : 99.

On s’arrête là pour aujourd’hui. La prochaine fois, on fait péter les cent heures de bus dans le désert d’Atacama !

* Oui, Audrey et Mathilde, c’est de vous que je parle. ;-)

Y comme Yanqui

24 janvier 2010

Yanqui (yankee) : Américain. Le terme est certes péjoratif, mais pas aussi connoté qu’en français. On pourrait davantage le rapprocher de ricain. En effet, americano inclut aussi les locaux car nous sommes en Amérique aussi.

Je rappelle que bien qu’étant au Chili, les mots et expressions que j’utilise continuent à être argentines. Pour un dictionnaire basique de chilien, je vous conseille cet article de Mathilde, une camarade de promo.

Nous nous en étions donc arrêtés au moment où je traversais la frontière chilienne. Premiers changements, mis à part que la route descend au lieu de monter : dans les premières villes, les affiches de campagne présentes me rappellent que le second tour de l’élection présidentielle chilienne, opposant Sebastián Piñera à Eduardo Frei, a lieu dimanche prochain. Venant de l’extérieur, je constate que la campagne de Piñera, au niveau visuel pour le moins, est mieux menée. Et j’avais déjà lu qu’il est le favori. Jusqu’ici, tout ce que j’ai vu et entendu me le confirme : le Chili, fraîchement entré dans l’OCDE, va comme beaucoup de ses homologes basculer à droite.

Mon voyage m’ayant donc pris toute la journée, j’ai utilisé quelques-uns des sous restants dans mon porte-monnaie que j’avais changés à la frontière pour appeler mon hôte. Il répond en anglais. Heu… c’est quoi ce truc ? Bref, je tourne ça en espagnol car au téléphone, il est toujours plus difficile de se faire comprendre. Il me dit que je dois prendre le métro et l’appeler une fois sur place. Je constate donc, une fois qu’on s’est rencontrés, que c’est un Américain expat : il parle avec un accent spanglish, travaille à l’ambassade US, a été faire son service militaire en Irak, et a des origines vénézuéliennes (dont il profite pour descendre el compañero Hugo en flammes). Il m’amène dans un bar-resto dont il me dit qu’il était mieux ââvant, que maintenant les pauvres sont venus et que c’est moins bien. Il est de New York, il aime le football américain et est supporter d’une équipe du Texas… Mal à l’aise, je me dis qu’alors, c’est donc ça un vrai étatsunien ? Ca m’aura permis au moins de mettre un nom sur cette idée que j’avais de l’Américain moyen. Enfin, plus précisément du latino qui a réussi. Je parierais ma c… gauche qu’il a voté Bush en 2004, et aussi qu’il a un gros 4×4 bien polluant à New York !

Il me présente deux autres personnes du site Couchsurfing, un autre Américain et une chilienne, qui ont tous les deux l’air plus sympas. Il me dira plus tard que l’autre ricain est beaucoup plus « libéral », sur un ton réprobateur. Ces deux joyeux drilles m’ont traîné dans une discothèque de Santiago pour une excellente soirée, effectivement libérale. Mon hôte, lui, ira ailleurs avec ses amis.

Le lendemain, je constate avec amertume que des boutons rouges sont en train de sortir sur le bas de mes jambes, sur mes bras… J’ai fait le rapport avec son chien qui laisse des poils partout ; merde alors ! Il m’a un peu fait visiter le centre-ville, la Plaza de Armas, le Mercado Central, où nous avons mangé des poissons à tomber par terre, avec des prix à tomber par terre aussi. En voyant le coût de la vie à Santiago, j’ai encore constaté qu’on était dans l’OCDE. En effet, les prix sont fort européens. Après un repas à 30€, dur quand on s’est habitué aux repas à moins de 10€, il me laisse, et j’en profite pour faire ma propre session tourisme, mitraillant allègrement, montant en haut du Cerro à côté de la maison, duquel on a vue sur tout Santiago.

Le soir, de retour à la maison, il me propose d’aller voir un spectacle à La Moneda (palais présidentiel), qui lui a été suggéré par l’Américain de l’autre soir. Excellent spectacle, la troupe était à ce que j’ai compris italienne. Très bien monté, très bien joué, très bien mené. Au retour, il me propose de nous mater un film de sa DVDthèque. En bon français (cocorico !), je choisirai La Môme, que je n’avais pas vu, et que je recommande après avoir rattrapé l’erreur.

Le lendemain fut l’occasion de rencontrer une étudiante en médecine que m’avait recommandée l’un des innombrables connaissances de mon paternel. Ce fut l’occasion de discuter et de passer le temps. On discutera par la suite des possibilités de se revoir, mais malheureusement je ne pense pas repasser par Santiago. Donc niet. Le soir fut l’occasion de regarder un autre film. Sur les conseils d’un ami, je proposerai Watchmen à mon hôte, qui me fit bien comprendre qu’il le mettait mais que ça l’avait pas emballé. Malgré la longueur du film, j’ai beaucoup aimé. Si j’avais le temps, je tenterais même de lire le livre.

Je passai enfin le dernier jour à errer dans Santiago à la recherche d’un logement à Valparaíso, que je n’ai pas trouvé. Pas grave, une fois ma valise récupérée, j’ai filé à la gare routière et pris le dernier bus pour la ville de Neruda, en lisant le chapitre de son autobiographie où, précisément, il y vit.

B comme Bajón

13 janvier 2010

Bajón : situation merdique, où tout va mal. Qué bajón ! s’utilise quand il arrive une tuile (ou plusieurs) à un argentin. Exemple : « - Mi novia me dejó. – Qué bajón, boludo ! »

Calmez-vous donc, mon séjour à Mendoza n’a pas été si terrible ! Même si effectivement, les choses qui me sont arrivées ne peuvent qu’assimiler ce séjour à un bajón. Comme vous allez le voir, mon séjour mendozino a été un condensé de tuiles et de belles choses, que j’ai malgré tout bien pris, certainement dû à l’euphorie que j’éprouvais à l’idée de quitter cette province de Buenos Aires que je n’aime décidément pas.

Avertissement : tout comme le précédent, et certainement les autres articles de vacances à venir, cet article est long. J’ai essayé d’aller au plus synthétique tout en en racontant un maximum, et de façon pas trop télégraphique.

Jour 1 : L’auberge espagnole (miteuse)

Heures passées dans un bus depuis le début de mes vacances : 55.

Arrivé à l’aube à Mendoza et en ayant trop peu dormi, je trouve la ville à première vue très jolie. Ma radinerie habituelle me pousse à aller à l’auberge, pourtant pas tout près, à pied en traînant ma valise. Surpris par une petite pluie ensoleillée, et surtout perdu dans la ville, je me suis finalement résigné à héler un taxi.

A l’arrivée à l’auberge, première mauvaise surprise : l’auberge elle-même. La chambre est obscure, peu de place pour ranger les bagages, les lits superposés sont très bas (important pour la suite), et la salle de bain n’est pas un modèle de propreté. Tant pis, me dis-je, ce sont les aléas du voyage, et puis je vais beaucoup être dehors. Je m’inscris pour une excursion dans les bodegas de la capitale du vin argentin qui a lieu l’après-midi, et en attendant, je vais prendre quelques photos du centre-ville, avec entre autres la splendide Plaza España ! Cependant, en pensant que j’allais sortir beaucoup, je me trompais lourdement.

L’excursion en elle-même fut évidemment l’occasion de déguster quelques bons vins locaux, et de bien me marrer quand le guide nous a dit que cet énorme tonneau avait été fabriqué en Allemagne en 1943. A la fin, mon appareil photo acheté il y a 2 mois, que j’avais pourtant chargé, commence à donner d’inquiétants signes de faiblesse.

Rentré à l’auberge, je constate que dehors, ça a l’air de bien s’amuser. Les gens m’invitent à boire une bière au bord de la piscine, que j’accepte avec joie. Il y a un chilien, deux franchouillards, un couple d’autrichiens et deux porteños. Très bonne soirée ; les porteños, un gars et une fille, sont partis le soir, après que j’eus constaté que le porteño avait l’air un peu gay et qu’il avait eu l’air de me trouver un peu à son goût. (ça, ça veut dire que ça se voyait tellement qu’il avait flashé sur moi que même moi m’en suis rendu compte. C’est dire !)

La nuit fut dure, à cause d’une part de la chaleur et de la quantité d’alcool ingurgitée, d’autre part à cause de la qualité de la chambre, car il m’a semblé à plusieurs reprises que des bichos prenaient mon corps pour un terrain de jeu. Les jours suivants, je dormirai toujours avec un pyjama, au risque de mourir étouffé par la chaleur.

Jour 2 : La machine japonaise fait hara-kiri

Le lendemain, dimanche, pas moyen de m’inscrire à l’excursion car il était trop tard. Je décide donc, sous un soleil battant me rappelant mes excursions dans les calanques de Marseille en plein été, d’aller dans l’immense parc au bout duquel se trouve le Cerro de la Gloria, monument patriotique à l’armée des Andes et au grand libérateur San Martín, que tous les Argentins connaissent car il apparaît sur le billet de 5 pesos.

Après plus d’une heure de marche sous le soleil, personne ne peut imaginer à quel point ça a été bon de me boire presque d’un coup une bouteille d’un litre d’eau glacée ! Je l’ai même rechargée arrivé en haut du Cerro avec un tuyau d’où sortait de l’eau que j’ai supposée potable. Et retour par le même chemin par lequel je suis arrivé, et plongeon dans la piscine. L’un des deux franchouillards est toujours là à écluser, comme les deux Autrichiens, bien qu’ils consomment moins. Le franchouillard est très fier de me montrer la bouteille de Ricard qu’il a dégotée ; je tente de prendre une photo quand l’écran de mon appareil se brouille. Horreur ! Plus moyen de l’éteindre, l’objectif ne s’est pas rétracté, même quand je l’ai éteint de force en enlevant la batterie ! Les signes de faiblesse des derniers jours étaient donc bien à prendre au sérieux : mon appareil a fait hara-kiri, au deuxième jour d’un voyage d’un mois et demi. VDM. Bon ben va falloir en racheter un, en espérant qu’ils me baisent pas au retour avec la garantie, restée bien sûr à La Plata. Tant pis, je vais passer la soirée avec les autres, buvant moins à cause de la chaleur. Le français m’est de moins en moins sympathique et me paraît de plus en plus alcoolique. Le chilien, lui, propose une virée aux thermes le lendemain, ok pour moi.

Jour 3 : Qui s’endort avec le cul qui gratte…

Réveil donc à 9 heures, le chilien ayant fixé le rendez-vous à 10h. Le temps d’aller m’acheter un nouvel appareil. A 10 heures, lui n’étant pas réveillé, je commence à me poser des questions. Je me réveille, et il me dit un truc avec l’accent chilien que j’ai compris comme « n’y pense même pas, je me suis couché à 5h du mat’ ». Ok, donc pas digne de confiance non plus car un peu borracho lui aussi. Un jour à tuer, donc. Je vais donc réserver l’excursion pour la haute montagne, pour voir l’Aconcagua et tout et tout, pour le lendemain, dans une agence du centre-ville. Surtout, essayer d’éviter un maximum le franchouillard alcoolo. J’en ai d’ailleurs parlé avec l’autrichienne qui ne l’aime pas non plus. Le soir, discuté avec deux filles. Des platenses aussi, très sympas. J’essaierai de les revoir à mon retour.

La nuit fut trèèèès dure. Merde alors, faut que je me lève pour 7h30 en plus ! Mais au milieu de la nuit, je constate que ce n’est pas que la chaleur, et que le lever à 7h30, va falloir faire une croix dessus. Envie de vomir, mal au ventre, envie de déféquer liquide… pas de doute, j’ai chopé la gastro ! Sûrement cette eau bue au Cerro

Jour 4 : ça va marcher… en boitant !

Au matin, évidemment, impossible d’aller à l’excursion. Je demande s’il est possible de reporter. Ouf, on peut, il suffit de téléphoner à l’agence. Manque de bol, dans la journée, je fis une sieste, et mon lit, décidément trop près du sol, décida de me faire une mauvaise surprise : en me réveillant, à moitié endormi encore, je mets le pied sur le sol, et CRAC ! Une cheville tordue ! En essayant de marcher, je constate amèrement que c’est pas un petit truc qui va passer en quelques minutes, mais bien qu’il va me falloir rereporter mon excursion au surlendemain. Qué bajón, comme on dit, hein ? En plus, j’ai eu la mauvaise idée de réveiller le franchouillard, et ce connard est venu, avec son ton à moitié bourré, m’emmerder parce que je lui avais coupé son rêve. Heureusement, je peux lire, parler avec d’autres gens, me connecter aussi pour prendre des nouvelles de la France et télécharger les fichiers que mes tendres géniteurs m’ont envoyé.

Jour 5 : Peace and love

Rien, comme dirait Louis XVI. Seul point positif : le matin, j’ai visité une autre bodega, la plus grande de Mendoza, avec trois filles (encore des platenses ! J’ai pris le numéro de l’une d’elles histoire de moins m’emmerder au semestre prochain…). J’ai pu étrenner mon appareil photo ! L’après-midi, je suis allé acheter mon billet pour le Chili, et le soir, encore tapé la discute avec les autres platenses, l’une d’entre elles a pris mon mail. Le semestre prochain s’annoncerait-il meilleur que le premier ?

Par ailleurs, c’est décidé : pour le Chili, je vais tenter le système Couchsurfing, recommandé par des amis, un site de logement chez l’habitant.

Jour 6 : L’Argentine qui se lève tôt

Ce matin, je me réveille. Je constate qu’il y a un peu de soleil et que je dois me réveiller pour 7h30. Mais pas grave, j’ai mis le réveil sur mon portable, je peux dormir encore. Quelle ne fut pas ma surprise quand une femme vint me réveiller pour me demander si je ne faisais pas l’excursion ! Bordel de merde, il faut que ça m’arrive maintenant ! C’est la première fois de ma vie que je n’ai pas entendu mon réveil ! Je m’habille presto, fais mon sac, prends mon appareil, mon livre, vite fait piquer un croissant… heureusement que je n’avais pas trop de choses à prendre, sinon c’est sûr que j’en aurais oublié !

L’excursion commence bien malgré ma fatigue. Je mitraille avec mon appareil photo que j’ai à peine eu le temps de tester, les beaux lacs, les belles montagnes. Bizarrement, les Andes, si hautes ne me paraissent finalement pas si impressionnantes. Arrivés à un lieu où nous nous arrêtons pour manger, le guide a une mauvaise nouvelle : pour un problème quelconque avec la douane chilienne (si j’ai bien compris), les camionneurs sont en grève et bloquent la route. Nous fûmes donc bien retardés. Heureusement, j’ai pris mon livre, qui me donne des avant-goûts du Chili* ! L’Aconcagua est sous les nuages, mais j’ai pu voir le Puente del Inca, un pont naturel sur la rivière Mendoza qu’utilisaient les Incas. Hermoso !

Heures passées dans un bus : 62.

Jour 7 : Pa’ Chile

Ce matin-là, réveillé en toute discrétion pour éviter d’avoir à dire au revoir à mon alcoolique de compañero. Heureusement, il n’est que 8 heures, il est trop endormi pour ça ! Direction la gare routière pour refaire le chemin fait la veille, plus l’autre moitié ! J’ai finalement réussi à prendre une photo potable de l’Aconcagua sans nuages, un peu décevante certes.

Trois heures pour aller de Mendoza à la frontière : normal. Le moins normal, ce sont les trois heures que l’on a passées à la douane chilienne. J’ai dû me resoumettre à un exercice que je connaîs bien : faire la queue devant le Bureau des Migrations, cette fois pour en sortir. De plus, si certains d’entre vous ont été au Chili, ils se souviennent sans doute que la douane chilienne, que l’on arrive par avion, par bateau ou par bus, est à la pointe de la lutte contre le trafic international de pommes. Car en effet, pour des raisons proteccionistes, le Chili opère un contrôle très strict des importations d’objets d’origine animale et végétale, et nous rappelle via des écrans que l’amende peut aller jusqu’à plus de 100 dollars pour une simple pomme.

Mais je vous laisse, j’ai passé la douane, mon séjour à Santiago fera l’objet d’un autre long article, dans quelques jours !

Heures passées dans un bus : 68.

* Il s’agit de Confieso que he vivido, l’autobiographie de Pablo Neruda. En VO s’il vous plaît !

C comme Colectivo

2 janvier 2010

Colectivo : Bus. Nombreux, peu chers, bruyants et souvent sans suspensions, rendant le voyage un tantinet plus rock’n'roll qu’en France. Attention, le paiement se fait via des machines qui acceptent uniquement les pièces de monnaie. Exception à cette règle : les bus faisant les longs trajets entre les villes, pour lesquels on paie le billet à un guichet et en avance, et qui sont très confortables, plus proches de l’avion que du bus.

Chers lecteurs, je tiens à m’excuser pour mon retard. Alors que je suis à Mendoza (ouest) et que les fêtes sont passées, je vous poste un article vieux de deux semaines déjà. Je vais essayer de rattraper le temps perdu. Je vous souhaite également une bonne année 2010.

En vacances depuis une semaine, il est évident que je vais parler de la seconde catégorie.Enfin, plutôt de l’endroit où un colectivo m’a amené la semaine dernière.J’ai nommé Puerto Madryn, au nord de la Patagonie ! Donc cet article risque fort d’être un peu long… tout comme mon voyage en colectivo de La Plata à Puerto Madryn, la broutille de 18 heures ! J’ai par ailleurs décidé, outre les définitions, de rajouter à mes articles le nombre d’heures passées dans un bus depuis le début de mon voyage.

Le long trajet avant d’arriver nous montre bien ce qu’est la Patagonie : une gigantesque étendue de… rien.

Des centaines de kilomètres de route droite à travers une semi-végétation, avec des déchets en plastique joncheant le bord de la route qui ont scandalisé l'écologiste que je suis.

Arrivé à destination, je constate amèrement qu’effectivement, ce n’est pas le même climat, et que j’ai bien fait de prendre de quoi me couvrir. Le temps de prendre mes repères dans la ville, de manquer de me perdre dans un quartier pas cool avant de me raviser et de partir dans la bonne direction, et j’arrive donc à l’auberge de jeunesse. De très loin la meilleure où je sois resté : accueil particulièrement sympa, chambres propres et nullement glauques, eau chaude dans la douche… Passée l’installation, je commence donc à préparer mon voyage. Je regarde les prix : ouch, ça va me pomper pas mal de plata, ces quatre jours ! Peu importe, je réserve directement l’excursion sur la péninsule où l’on peut voir un tas de bestioles, incluant des pingouins, des éléphants de mer, et le clou du spectacle : des baleines. Encore que c’est pas sûr, étant donné qu’on est à la fin de la saison.

Le lendemain donc, départ pour la péninsule, dans un petit bus de touristes, où je me sens plus argentin que jamais malgré mon passeport français : en effet, la guide parle un anglais de cuisine, et je suis entouré d’italiens, d’israéliens, de néerlandais, de bulgares, de japonais… arrivés à l’entrée de la réserve, mauvaise surprise : faut banquer pour rentrer. 45 pesos, et évidemment, ils pratiquent les mêmes tarifs différenciés entre résidents et touristes. Mais comme je n’étais pas au courant, je n’ai pas pris mon visa, et je dois racker 45 pesos (au lieu de 14). Sans compter que comme je ne savais pas, je dois prendre sur l’argent que j’avais pris au cas où, et, comble de la honte, emprunter les 10 pesos qui manquent à mes voisins, un couple de japonais.

Au moins, pour ce prix-là, nous sommes bénis, c'est déjà ça !

Passée l’entrée de la réserve, je peux constater que la route n’est plus asphaltée. Le voyage se fait donc avec le bruit de fond des petits cailloux tapant sur le bas du bus ; la guide nous explique, voitures sur le bas-côté à l’appui, qu’il est extrêmement difficile de conduire sur cette route, et que tous les jours, des boulets en voiture ont un accident.

Le premier arrêt est une colonie de pingouins. Je me marre, non pas parce que ce n’est pas à la hauteur de mes espérances, au contraire, mais plutôt parce que ces machins ont une tête marrante. Et ne me demandez pas pourquoi. C’est comme si je vous demandais pourquoi l’accent québécois vous fait rire… aaah, vous êtes bien emmerdés pour répondre, hein ? En tout cas, ils ne sont pas comme je pensais (les pingouins, pas les québécois), ni comme je les avais vus à la télé. Et on peut s’en approcher tout près !

Ben, des pingouins, quoi !

Deuxième arrêt : un lieu habité, avec un resto dont même la guide nous a dit que c’était un piège à touristes ! On y trouve un renard, dont je ne sais pas s’il fait partie de la faune locale ou s’il est importé et appartient aux piégeurs de touristes.

Cela dit, l’endroit le plus intéressant est en contrebas. C’est une plage où il y a des éléphants de mer. Si les pingouins m’ont fait rire pour une raison dépassant l’entendement, les éléphants de mer, eux, m’ont aussi fait rire, mais cette fois pour une raison beaucoup plus explicable : je crois que j’ai trouvé l’animal le plus inutile sur Terre. Ce ne sont rien d’autre que des gros trucs moches tout graisseux, immobiles et affalés sur la plage. Grotesque. C’est à se demander comment ils ont réussi à se retrouver sur l’arche de Noé ! D’autant que la façon dont ils bougent, digne des vers de terre, les rend encore plus grotesques que lorsqu’ils sont couchés sur la plage.. Sur l’arche, ils devaient être la risée de toute la Création ! Mais fini de se poiler, on doit reprendre le bus pour alller à Puerto Pirámides, le village à partir duquel nous prendrons le bateau pour aller mitrailler (de photos bien entendu) les baleines, si toutefois on en voit.

Regardez-moi ces gros machins flasques et inutiles...

A l’arrivée, pause-bouffe, car il est plus de 14h et mon ventre gronde. Je m’assieds sur la jetée, au bord de la mer, et dévore mes sandwiches. Au retour, nous devons passer des gilets de sauvetage avant de monter sur le bateau. Moi qui étais fier d’avoir la classe avec ma chemise…

Une fois montés sur le bateau, le capitaine nous prévient : pour voir les baleines, faut de la patience. Aoutch. Je commence à le sentir mal. Sortant mon appareil photo, que constaté-je ? La batterie clignote en rouge, n’affichant plus qu’une bûchette. Merdouille. Si ça se trouve, on va en voir, mais je vais pas en ramener de photos. Le radin qui est en moi se réveille donc et se dit que pour le pognon qu’il a mis là-dedans, faut qu’on en voie, et faut me mettre à économiser la batterie !

Alors je ne sais pas si le capitaine parlait de patience parce que parfois, c’est long ou parce que le touriste bêlant lambda est impatient par nature, mais le temps d’arriver sur le site, et une baleine nous attendait en plein milieu ! Chez moi en tout cas, il ne planait pas une ombre d’impatience. C’est d’autant plus fascinant que la baleine est bien grande et s’approche très près du bateau. Je peux alors commencer à mitrailler, en constatant que l’eau est suffisamment transparente pour que l’on puisse la voir depuis la surface alors qu’elle est immergée (et à deux mètres du bateau, ça aide).

Au retour donc, satisfait comme jamais. Euphorique, même. En plus, à Pirámides, un club de plongée propose des plongées avec des lions de mer, à des tarifs moins scandaleux que ce que j’ai pu voir ailleurs. Le soir, je tape un peu la discute avec la tenante de l’auberge, qui me dit qu’elle n’avait pas compris que j’étais français, qui croyait que j’étais de La Plata, et point. Bon, va falloir l’admettre : je crois que je suis bilingue. Je vais un moment me balader sur la plage et errer dans la ville, avant de rentrer et de me coucher. Demain, ma première plongée depuis l’obtention de mon niveau 2, sur des épaves !

Le lendemain, paré pour plonger donc, je me rends au club, je discute avec le type qui le tient ; comme moi, il a plongé à Los Roques (archipel vénézuélien dans les Caraïbes, dont on dit que c’est l’un des meilleurs sites du monde, et je peux vous le dire, c’est pas usurpé) ; on discute un peu, il fait super beau, mais je crains que l’eau soit froide. Elle est à 15 degrés, mais bizarrement, ça ne me fait pas peur. D’autant qu’avec la combinaison qu’il me file, je ne risque rien Les deux plongées sont super, rien à redire. Un peu d’appréhension quand même quand il s’agit pour la première fois de rentrer dans le bateau, mais elle disparaît vite. Les deux sites valent leur pesant de cacahuètes, et au retour, l’instructeur qui m’a accompagné me dit, à moi qui complexe à mort dès qu’il s’agit de sport : « T’es un super bon plongeur, on dirait que t’as fait ça toute ta vie ! »

Je crois que c’est la première fois depuis que je suis en Argentine que j’ai eu une poussée de fierté pareille. En me disant ça, il a touché droit à l’ego et a réussi à me filer confiance en moi, peut-être pas en général, quand même, ce serait miraculeux, mais tout du moins en ce qui concerne la plongée, rien à dire : c’est la classe.

L’après-midi, après m’être pété le bide dans un resto où j’ai mangé des calamars à l’huile qui m’ont délicieusement rappelé mes contrées languedociennes, je reste à l’auberge, et regardant les DVD qu’ils proposent, je décide de me regarder The Constant Gardener (piraté, mais bon, c’est pas moi m’sieur). Bon film, et pendant le film, j’entends que dans la salle, deux filles, la vingtaine, qui m’ont l’air sympathiques, parlent français. Après le film donc, ni une ni deux, « vous êtes françaises, vous êtes d’où ? » J’apprends donc qu’elles font, comme moi, une année d’échange, l’une à Santiago et l’autre à Recife, et qu’elles font leur trip estival. Ne m’est pas venue à l’esprit l’idée qui est venue à celui de l’une d’elles, lorsqu’elle m’a demandé, notez bien le terme, de quelle école je venais. La réponse a fusé : « – Sciences Po, à Aix, et vous ? – Sciences Po, à Lille. » Là, j’ai eu l’impression d’être franc-maçon. Et je suis aussi super content : des iepiennes ! Conscient d’être formaté et de savoir bien mieux socialiser avec les iepiens qu’avec les autres, je comprends encore un peu plus pourquoi je me suis fait chier pendant ce semestre à La Plata.

On n’a pas pu vraiment discuter car on a maté un film, et ensuite, elles sont directement parties dans leur chambre car elles avaient poney piscine l’excursion avec les baleines le lendemain.

Ce même lendemain, je suis allé à Puerto Pirámdes (un bus par jour), afin de faire ma plongée avec les lions de mer. Mais avant, j’ai tué le temps pendant 4 heures, errant sur la plage où la marée descendait (car, en bon méditerranéen, la marée est quelque chose qui ne m’est guère familier), prenant ou faisant prendre par les rares passants quelques photos de moi dans ces paysages. Quant à la plongée, certes, c’est space de toucher ces bestioles, mais j’ai été très déçu. Rien d’autre à voir, quasiment pas de profondeur, ce qui faisait qu’avec masque et tuba, ça revenait au même. D’autant que j’étais moins bien équipé dans une eau plus froide (13 degrés), et qu’à la longue, 13 degrés, c’est froid. Bref, je me suis empressé d’oublier ce piège à touriste pour retourner à l’auberge si hospitalière, le temps de discuter et de jouer aux cartes avec les lilloises, qui partaient dans la soirée. Entre temps, je suis aussi allé acheter mon billet retour, et me suis dit que pour la suite des vacances, faudra un peu moins faire chauffer la carte bleue, parce que ça commence à faire rudement cher tout ça.

Enfin, le temps de dire un au revoir excessif aux gérantes de l’auberge, avec qui le contact a été excellent, de faire passer le temps en regardant Les noces funèbres de Tim Burton (non piraté et par ailleurs excellent), d’attendre pendant une heure et demie Madeleine mon colectivo qui avait du retard, et c’en était fini de la Patagonie. Bilan du séjour : très bon, à tel point que j’en étais triste de revoir La Plata. Qu’est-ce que ça va être quand j’y reviendrai en février !…

B comme Bosque

13 décembre 2009

Bosque (bois) : Quartier de la ville de La Plata, proche de l’appart de votre serviteur. On y trouve, outre de belles statues, les stades (canchas) des deux équipes de football locales, Estudiantes (alias Pincha, ou Pincharratas pour ses détracteurs) et Gimnasia (alias Lobo, dont le stade est d’ailleurs surnommé Estadio del Bosque). On y trouvera également le Museo de Ciencias Naturales ainsi qu’un jardin botanique et zoologique.

J’imagine que mes lecteurs s’attendent à ce que je leur raconte ma dernière virée au stade vu l’aficion que je porte habituellement aux musées et aux sciences naturelles. Et pourtant… force est de constater que depuis 5 mois que je suis ici, je n’ai pas encore mis les pieds dans un stade, ce qui commence à m’inquiéter d’autant que le championnat de printemps est sur le point de se terminer comme je suis sur le point de m’arracher en vacances. Et comme El Lobo, l’équipe à laquelle je me suis convertie, est sur le point de descendre en deuxième division (on ne rit pas s’il vous plaît !).

Et oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, je sors d’une visite au musée d’histoire naturelle de la ville ! Et, et, et, et, encore plus incroyable, j’ai aimé ça ! C’est donc avec un grand étonnement que j’ai pu constater à quel point l’Argentine m’a changé : alors que la guide nous faisait son blabla au demeurant fort intéressant, ceux qui écoutaient, à 80% des chiquitos, soit des gamins, ne m’ont pas, comme ils le font d’habitude, horripilé. Donc résumons : je ne déteste plus les enfants et je ne m’emmerde plus dans les musées. Elle est pas belle la vie ?

C’est donc ainsi que j’ai appris que l’un de mes profs de l’IEP portait le nom d’un petit dinosaure herbivore tout mignon ; j’ai nommé le Gasparinosaure ! Les iepiens sauront de quoi je parle, ça m’a fait bien rire. Reste à savoir si ce dinosaure était un fan de rugby qui avait l’art de la conclusion…

De même, bien que les gamins qui tournaient autour de moi l’eussent percuté plus vite, j’ai pu grâce aux références de la guide comparer les squelettes et reconstitutions avec les personnages de L’âge de glace et les bestioles de Jurassic Park, car on fait comme on peut pour intéresser son public. J’ai par ailleurs constaté qu’il fallait sérieusement revoir ma culture cinématographique.

Après la visite guidée, l’ayant rejointe en cours de route, j’ai visité ce que j’avais manqué : des vestiges de civilisations précolombiennes, parfois des vestiges que j’avais déjà vus aux Missions jésuites de San Ignacio (voir l’article P comme Pajero), parfois des vestiges incas, Tiwanaku, Moche (oui, ça m’a bien fait rire le nom) et autres noms compliqués.

Enfin, j’ai fait un petit tour dans le Bosque, rôdant autour du stade de Gimnasia, et découvrant un petit plan d’eau bien sympa avec une belle vue. Comme quoi, même après avoir passé 5 mois dans une ville, on peut encore y découvrir des choses !

Pour les semaines et mois à venir, étant donné que je pars en voyage, je vais tenter d’actualiser mon blog tout autant, mais je pense que ce sera moins souvent pour des articles plus longs. Mais ce sera toujours du vocabulaire argentin, parce que si je commence avec le chilien, on va plus s’en sortir. :-)

T comme Truco

26 novembre 2009

Truco : Jeu de cartes national. Pour les amateurs de cartes, le truco est la quintessence du jeu de cartes, avec des règles très compliquées qui en font un mélange entre l’écarté (pour la valeur des cartes et le compte des points), le kems (pour le jeu par équipes de 2) et le poker (pour la place que le jeu accorde au bluff). Jouer au truco nécessite avant tout de savoir mentir.

 

Car depuis quelques jours, en gros depuis que je ne donne plus de nouvelles, j’ai fait avec mes colocs et des amis de la maison des parties d’initiation à ce jeu si étrange pour le tout-venant. Selon un joueur qui m’a initié, le truco est encore plus argentin que l’asado (le barbec’, je vous ferai un article dessus, c’est promis) ! Et d’ailleurs, les deux vont souvent ensemble !

Ce fut d’autant plus difficile la première fois que l’un des amis présents était un type sympa, mais qui parle tout le temps, tout le temps, tout le temps. Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas simple lorsqu’on tente d’apprendre un jeu difficile, avec des cartes donc on n’est pas familier, et dans une langue qui n’est pas notre langue maternelle.

Car en effet, le truco ne se joue pas avec des cartes de poker classiques mais des naipes espagnoles dont on a au préalable retiré les 8 et les 9, soit un jeu de 40 cartes au lieu de 52, dont les couleurs (nommées palos) ne sont pas trèfle-carreau-pique-coeur mais espada, basto, oro et copa (soit épée, bâton, or et coupe). Et pour ne rien arranger, les valeurs des cartes sont 1 2 3 4 5 6 7 10 11 12. Le 8 et le 9 ont disparu on ne sait comment.

De gauche à droite : 3 de espadas, 12 de oros, 2 de oros, 2 de bastos.

Ça, c’est la partie simple : les cartes. Car ce serait trop simple d’avoir des valeurs dans l’ordre croissant, ou même avec l’as au-dessus. En effet, pour le truco, les valeurs sont, du plus fort au plus faible, 1 de espada, 1 de basto, 7 de espada, 7 de oro, 3, 2, 1, 12, 11, 10, 7, 6, 5, 4. Chiant, hein ?

Et encore, si ce n’était que ça ! En effet, dans les trois cartes que chacun a en main, si un joueur a plusieurs cartes de même palo, les 10-11-12 (les negros) ne valent rien si l’un demande l’envido ou la flor. Mais je m’arrête là ; mon idée n’est pas d’expliquer les règles du truco (ce serait bien trop compliqué, et puis quel Français va trouver 3 partenaires pour y jouer ?) mais de vous faire comprendre mon calvaire lorsqu’il s’est agi de m’y initier. Pour les intéressés, j’ai un lien en espagnol qui explique les règles. Si vous comprenez, vous êtes trop balèze.

Et évidemment, l’on peut allègrement bluffer, tout en sachant que l’on doit faire comprendre à notre coéquipier, qui nous fait face, le jeu que l’on a afin de convenir d’une stratégie tacite qui échappe à l’adversaire par le biais d’expressions qui rendent le jeu encore plus opaque. Tanto, sumaste, sont quelques-uns de ces codes.

Après quelques parties, je commence à comprendre le truc (et pas le truco), et je dois avouer que c’est prenant, même si je perds beaucoup !

Avis aux français, aixpats ou pas : Qui est partant pour que je lui apprenne au retour ? ;-)

K comme Kirchner

10 novembre 2009

Kirchner : Néstor de son prénom, ou bien Cristina Fernández de Kirchner, sa femme, respectivement ancien président et actuelle présidente du pays.

 

Bien, je me lance dans un article parlant de la politique locale. Je dois dire que si je ne l’ai pas fait jusqu’ici, ce n’est pas parce que je m’en suis retenu, c’est surtout parce que, malgré le fait que ça m’intéresse comme tout bon étudiant à Sciences Pipo, je n’y comprenais rien.

C’est un peu moins le cas maintenant ; en effet, j’en ai parlé avec quelques personnes, et je commence à comprendre un peu. Il faut dire qu’à la fac, l’atmosphère s’y prête : cette semaine ont eu lieu les élections au Conseil d’administration de l’université. Et contrairement à l’IEP, on n’a pas deux listes qui font un semblant de débat avec des fleurs et des petits oiseaux, avec l’une remportant la totalité des sièges et une participation digne d’une élection européenne à Trifouillis-les-Oies ! Il faut dire qu’ici, la première visite à la fac donne le ton : de nombreuses affiches jonchent les bâtiments de la fac, quelle que soit la fac. Et en période électorale, comme actuellement, impossible de passer dans l’escalier et de grimper quelques étages sans se faire assaillir par les représentants d’au moins 3 mouvements différents.

J’ai d’abord pensé, en bon français, que cette effervescence politique était due aux gauchistes qui avaient investi la fac de sciences humaines. Mais comme j’ai pu le constater, toutes les facs sont dans le même cas, et ce ne sont pas toujours des gauchistes, bien que ce soient les plus actifs.

 

En effet, il existe plein de mouvements politiques étudiants, qui sont (plus ou moins) indépendants des partis politiques nationaux. Ce qui me fait me sentir dans une atmosphère de campagne présidentielle alors qu’on va juste élire quelques délégués au CA ! Enfin, « on »… étant étudiant international, je ne vote pas. Ce qui nous amène à quelques considérations sur la politique et les médias argentins.

D’abord, nous avons la présidente donc. Cristina Fernández de Kirchner, CFK pour les intimes. Il me semble avoir compris que politiquement, elle est plutôt à gauche. Elle est surtout péroniste, car ici, ce n’est pas tant la gauche et la droite qui se battent, ce sont les péronistes et les radicaux. N’allez pas me demander la différence entre les deux, j’en sais rien du tout. Les Argentins me disent que tous les partis, surtout à gauche, sont divisés en une pléthore de courants, et que question unité, on fait mieux. Ce qui, vous vous en doutez, n’a pas manqué de me rappeler un autre pays.

Ensuite, il y a la haine des Argentins envers Carlos Ménem, président dans les années 90, ultralibéral pratiquant, qui n’a pas laissé un excellent souvenir, surtout après la crise de 2001. Cela dit, tout le monde le déteste, mais tout le monde a voté pour lui. Et dans les politiciens nationaux, nombre d’entre eux l’ont soutenu.

Question médias, nous avons grosso modo trois grands journaux : le premier, le plus important, est Clarín, politiquement où on le pose, dont les opinions varient au gré du vent. Une seule certitude : ils n’aiment pas les Kirchner, qui d’ailleurs le leur rendent bien, dans la mesure où ils ont fait récemment voter une loi de médias limitant les monopoles et qui défavorisait clairement le groupe Clarín.

Le deuxième en importance est La Nación. Politiquement plutôt neutre d’après ce qu’on m’a dit.

Enfin, le troisième, en crise à ce qu’il paraît, est Página/12. D’orientation de gauche, et soutient le gouvernement. C’est celui-là que votre serviteur q mis en pqge d’accueil sur son ordi sur lequel il n’accède plus à Internet.

M comme Mate

30 octobre 2009

Chers internautes, tout d’abord mille excuses, je n’ai plus Internet chez moi depuis mon déménagement, et mes connexions sont donc plus rares, plus courtes, et surtout il m’est plus difficile de mettre en ligne du contenu. Les photos et les vidéos du voyage arriveront donc avec pas mal de retard.

 

Mate : Boisson amère à base d’une herbe mystérieuse (yerba mate) que l’on verse dans une tasse bombée (généralement en bois) avant d’y verser de l’eau chaude. Le mélange se boit chaud à l’aide d’une paille métallique. Le mate est une véritable institution sociale, tomar mate étant un prétexte pour se réunir entre potes un après-midi à boludear. En effet, on a une seule tasse pour tous que l’on partage, chacun son tour (un peu comme un joint). Le goût amer du mate amargo (soit nature, avec juste de l’eau) peut dérouter l’étranger au début, mais on s’y habitue vite. Certains peuvent par ailleurs contourner l’amertume en trichant et en rajoutant du sucre, en achetant une herbe plus douce, ou encore en le mélangeant à du jus plutôt qu’à de l’eau chaude. Autre variante, existant dans le nord et au Paraguay : le tereré, avec de l’eau froide.

 

 

Ayant déjà connu une Argentine au lycée, j’avais déjà eu l’occasion de goûter au mate avant mon grand départ. Heureusement, ça ne m’avait pas trop déplu. En effet, ici, il est très courant que l’on vous en propose. La première fois que j’en ai pris ici, je m’en suis renversé sur la chemise ; je confirme, c’est chaud.

 

Objet de discussions passionnées avec mes colocs, nous en avons déduit que le mate, c’est comme la cigarette : c’est pas bon, mais on en consomme par habitude. Et l’autre jour, j’ai pu constater que je commençais à gravement m’habituer au pays : j’ai eu, spontanément, dans ma chambre, envie d’un mate. Donc ça rend tout autant accro… heureusement que ça ne nuit pas gravement à la santé !

 

Ils m’ont d’ailleurs, très fiers, affirmé que des 4 saveurs élémentaires (sucré, salé, épicé et amer ?), l’amer est celle qui a été le moins développée, et donc que les Argentins sont à la pointe de l’amertume ! Etant plutôt d’accord et n’ayant pas envie de polémiquer là-dessus (je sentais le nationalisme pointer derrière cette remarque), j’ai acquiescé.

 

En effet, le mate me semble être, tout comme certaines spécialités culinaires locales, un élément de patriotisme argentin très important.

 

Le plus impressionnant reste tout de même que tout le monde en consomme ici. Mais alors vraiment tout le monde. Et tout le temps. Même à la fac, vous verrez souvent des étudiants se balader avec leur tasse à mate dont je ne me souviens plus comment elle s’appelle et un thermos contenant de l’eau chaude. Et le consommer en classe, vous en proposant peut-être.

 

De même, il suffit de voir comment est achalandé le rayon au magasin pour voir que ça se vend, et pas qu’un peu. D’ailleurs, si vous trouvez l’un de ces distributeurs d’eau avec deux robinets (froid et chaud), faites attention, le robinet « chaud » signifie vraiment chaud, et non pas « température ambiante ». C’est pour remplir votre thermos, je connais quelqu’un qui s’y est brûlé !

 

Chers internautes, tout d’abord mille excuses, je n’ai plus Internet chez moi depuis mon déménagement, et mes connexions sont donc plus rares, plus courtes, et surtout il m’est plus difficile de mettre en ligne du contenu. Les photos et les vidéos du voyage arriverotnt donc avec pas mal de retard.

Mate : Boisson amère à base d’une herbe mystérieuse (yerba mate) que l’on verse dans une tasse bombée (généralement en bois) avant d’y verser de l’eau chaude. Le mélange se boit chaud à l’aide d’une paille métallique. Le mate est une véritable institution sociale, tomar mate étant un prétexte pour se réunir entre potes un après-midi à boludear. En effet, on a une seule tasse pour tous que l’on partage, chacun son tour (un peu comme un joint). Le goût amer du mate amargo (soit nature, avec juste de l’eau) peut dérouter l’étranger au début, mais on s’y habitue vite. Certains peuvent par ailleurs contourner l’amertume en trichant et en rajoutant du sucre, en achetant une herbe plus douce, ou encore en le mélangeant à du jus plutôt qu’à de l’eau chaude. Autre variante, existant dans le nord et au Paraguay : le tereré, avec de l’eau froide.

Ayant déjà connu une Argentine au lycée, j’avais déjà eu l’occasion de goûter au mate avant mon grand départ. Heureusement, ça ne m’avait pas trop déplu. En effet, ici, il est très courant que l’on vous en propose. La première fois que j’en ai pris ici, je m’en suis renversé sur la chemise ; je confirme, c’est chaud.

Objet de discussions passionnées avec mes colocs, nous en avons déduit que le mate, c’est comme la cigarette : c’est pas bon, mais on en consomme par habitude. Et l’autre jour, j’ai pu constater que je commençais à gravement m’habituer au pays : j’ai eu, spontanément, dans ma chambre, envie d’un mate. Donc ça rend tout autant accro… heureusement que ça ne nuit pas gravement à la santé !

Ils m’ont d’ailleurs, très fiers, affirmé que des 4 saveurs élémentaires (sucré, salé, épicé et amer ?), l’amer est celle qui a été le moins développée, et donc que les Argentins sont à la pointe de l’amertume ! Etant plutôt d’accord et n’ayant pas envie de polémiquer là-dessus (je sentais le nationalisme pointer derrière cette remarque), j’ai acquiescé.

En effet, le mate me semble être, tout comme certaines spécialités culinaires locales, un élément de patriotisme argentin très important.

Le plus impressionnant reste tout de même que tout le monde en consomme ici. Mais alors vraiment tout le monde. Et tout le temps. Même à la fac, vous verrez souvent des étudiants se balader avec leur tasse à mate dont je ne me souviens plus comment elle s’appelle et un thermos contenant de l’eau chaude. Et le consommer en classe, vous en proposant peut-être.

De même, il suffit de voir comment est achalandé le rayon au magasin pour voir que ça se vend, et pas qu’un peu. D’ailleurs, si vous trouvez l’un de ces distributeurs d’eau avec deux robinets (froid et chaud), faites attention, le robinet « chaud » signifie vraiment chaud, et non pas « température ambiante ». C’est pour remplir votre thermos, je connais quelqu’un qui s’y est brûlé !


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