G comme Gallego

Gallego (galicien) : Equivalent argentin du belge, sauf qu’on y fait référence ailleurs que dans les blagues de niveau Carambar. Ici, c’est le galicien, rapidement étendu à l’espagnol, rapidement étendu à l’Européen, rapidement étendu au touriste, rapidement étendu au boludo, c’est-à-dire à monsieur Toulemonde.

Après une longue pause qui aura marqué mon retour dans ma grise ville (dans la vraie vie j’veux dire), retour au Chili, dans le désert d’Atacama. Plus précisément à San Pedro, le village à touristes dont partent toutes les excursions dans les hauts lieux du désert.

Heures passées dans un bus : 103.

Bon, rien à dire, c’est un joli village. Pas de routes asphaltées évidemment, mais la tronche des gens qui sont avec moi dans le bus ne fait aucun doute : je vais vers un village très touristique. Pas un visage non-européen dans le tas (oui, après quelque temps de voyage, je suis capable de reconnaître la nationalité d’un touriste avec pas mal de précision rien qu’à sa tête) ! Mais ce n’est pas pour cela que j’ai parlé de gallego.

En effet, une fois installé à l’auberge de jeunesse, j’ai tapé la discute à des gens qui étaient là, dans le patio. Des Espagnols, tiens ! Les premiers que je rencontre ! Bon, en fait c’étaient en majorité des Basques, mais vous savez l’amour que je porte aux régionalistes de tout poil… des Espagnols donc !

Et là, j’eus la Révélation.

Oui. J’ai pris conscience du fait que je suis devenu un Latinoaméricain.

Je dois dire que je le savais bien avec mon accent argentin, mais là, plus aucun doute n’était possible : à les entendre parler, j’étouffais un rire encore plus difficile à étouffer que lorsque j’entends des québécois.

Dès le premier jour, je pris un ticket pour l’excursion du lendemain, intitulée « Salar + Lagunas Altiplánicas ». Ce fut grandiose. Le désert de sel est impressionnant. Il n’est pas, comme je me l’imaginais, plat et tout blanc ; le paysage est en fait lunaire, et il y a de l’eau. Bizarre pour le désert le plus aride du monde… En fait, c’est tout simplement l’eau qui tombe en haut des montagnes, qui se charge en sel en descendant, et qui s’évapore ensuite dans le désert de sel.

Ensuite, les Lagunas Altiplánicas, donc tout simplement des lagunes à plus de 4.000 mètres d’altitude. Nettement moins impressionnant à mon goût, mais le repas de midi, qui fut sans doute le plus élevé que j’aie jamais fait, valait le coup, entre français, espagnols, et (rares) chiliens.

Heures passées dans un bus : 109. (ben oui, vous croyez qu’on l’a faite à pied, l’excursion ?)

L’après-midi fut, quant à elle, consacrée à la visite de la Laguna Cejar. Qui a pour particularité d’être ultra-salée. Vous savez les gens qui flottent dans la mer Morte ? Ben là c’est pareil. Après, j’ai certes beaucoup souffert en sortant de l’eau : impossible de remettre mon tee-shirt, ça pique trop. Et l’eau (potable mais merde !) qui restait dans ma bouteille faisait bien piètre figure face à tant de sel. L’heure de bus pour revenir fut longue, très longue.

Coucher de soleil sur la Laguna Cejar et son sel

Heures passées dans un bus : 111.

D’ailleurs, au retour à l’auberge, l’eau était coupée. Heureusement, devant ma situation désespérée, ils m’ont donné un bidon d’eau de 5 litres pour me “doucher”. J’allai ensuite manger dans un petit resto où je mangeai mon repas dans le noir et éclairé par une bougie, le temps de la coupure de courant quotidienne… pour ensuite réserver ma place pour l’excursion du lendemain, aux geysers du Tatio. Particularité : pour les voir dans toute leur splendeur, il faut qu’il y ait une différence thermique la plus grande possible. Donc, le départ de l’excursion se fait à 4h du matin, par -5°C. En plus, je dois rajouter à la liste de mes affaires perdues ma polaire et me cailler les meules avec ma légère veste.

Bon, ne soyons pas mauvaise langue, ça en valait la peine, et pas qu’un peu. Impressionnants geysers qui m’ont fait penser que les fumeroles de l’Etna, à côté, c’est de la gnognotte ! J’y ai rencontré deux chiliennes sympa avec qui j’ai passé le plus clair de la journée. La suite fut consacrée, dans le froid ambiant, à une baignade (oui oui, une baignade !) dans les sources chaudes qui entourent les geysers. Trop la classe ! Enfin, à part la sortie de l’eau, car le chemin source-serviette fut très froid. (‘vous imaginez, courir presque à poil, mouillé de surcroît, par 5 degrés, alors qu’il faisait 35 degrés dans l’eau ?)

Votre serviteur devant une fumerolle.

Les chiliennes et moi... dans la fumée du Tatio !

Les sources chaudes

Enfin, vint le sésame tant attendu pour nos ventres vides : le petit-déjeuner ! Ah, qu’elles étaient bonnes, ces crêpes au manjar (dulce de leche chilien) !* Et après cette pause bienvenue, retour dans le bus pour revenir à San Pedro, en passant par d’autres lieux touristiques histoire que les trois heures passent un peu plus vite. Elles ne sont pas pour ainsi dire passées vite pour votre serviteur, dont la tourista s’est réveillée à ce moment-là. La visite du petit village de Machuca fut cependant très intéressante. Bon, le plus intéressant fut sans doute de prendre des photos avec les lamas, des vrais de vrais ! Je ne sais même pas si j’ai été content ou déçu qu’ils ne me crachent pas à la gueule comme dans Tintin. Ce qui m’a déçu, c’est sûrement de ne pas avoir pu manger de la viande de lama ! Rupture de stock du seul type de la région qui en fait…

Le troisième arrêt fut l’occasion d’une balade dans la nature que je n’ai pas faite car ma tourista ne me permettait guère de crapahuter.Et puis retour à la case départ.

Heures passées dans un bus : 117.

L’après-midi, avec ces mêmes filles rencontrées le matin, nous allâmes visiter la Vallée de la Mort et la Vallée de la Lune. Nettement moins beau que le reste, nous retiendrons que nous avons réussi à nous perdre au retour de la Vallée de la Lune, à la tombée de la nuit… heureusement, tout est rentré dans l’ordre ! Le soir, direction le lit, je n’étais vraiment pas en forme. Et le lendemain, retour ! Bémol : mon appareil photo a de plus en plus de mal à s’ouvrir. Bordel. Un grain de sable de la Vallée de la Mort, sûrement. Et pourtant, j’avais fait attention.

Vue de la vallée de la Lune

Heures passées dans un bus : 120.

* Bon, en fait, elles étaient pas si bonnes que ça les crêpes, mais à ce niveau de froid et de faim, j’aurais mangé (presque) n’importe quoi !

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